mercredi 19 juin 2013

Portes ouvertes au cours de danse

Le mercredi après-midi, Eglantine a cours de danse. Contrairement à l'année dernière avec sa chère prof Delphine, Eglantine ne nous refait pas les chorégraphies à la maison. Les âges sont assez disparates. Les niveaux aussi. Il s'agit surtout de donner aux enfants le goût du rythme. Ce qui convient très bien à Eglantine qui a plus la passion du groupe et des jeux en commun que de la danse en elle-même.
Hortense, elle, a déjà annoncé que l'année prochaine elle fera aussi de la danse. Elle mimait d'ailleurs les pas des profs assez facilement aujourd'hui. C'était journée portes ouvertes et les parents, frères, sœurs et nounous étaient invités à assister au cours.
Les deux profs nous ont offert en final une démonstration de salsa virevoltante qui a subjugué tout le monde.

Une heure en photos qui parlent mieux que les mots.













Et une vidéo où tout les enfants s'amusent !


dimanche 16 juin 2013

Steet Delivery

Steet Delivery est un évènement annuel lors duquel la rue s'anime, les portes s'ouvrent pour des expositions spéciales, l'architecture se montre et s'explique et le public est appelé à participer à un art urbain et coloré.

Le cœur des animations se trouve Strada Verona, entre la librairie Carturesti et l'église Anglicane. Pendant trois jours la rue est fermée au public. Un des grands murs de la rue est repeint en blanc pour accueillir de nouvelles fresques taguées à la bombe de peinture.

Concerts, expositions, théâtre, danse, films, ateliers, les activités sont nombreuses, le programme chargé. Nous n'avons qu'une petite heure pour aller y faire un tour ce matin avec les filles avant de nous rendre chez Karianne pour lui dire au-revoir.

Eglantine et Hortense sont enthousiastes. Elles aiment les cartes postales suspendues par de jeunes architectes qui exposent leurs visions d'un Bucarest idéal. Le marchand de glace n'est pas encore à son poste. Mais les beignets (gogosi) sont chauds et sentent la gourmandise. Pâte à modeler, peinture, origami, les filles ne savent pas où donner de la tête. Elles jettent leur dévolu sur des petits personnages en tissu à décorer au feutre.









Devant la Casa Mincu qui abrite une très belle exposition de verre, un tailleur de pierre laisse les enfants essayer le burin et le marteau. Les filles y mettent du cœur. La pierre ne se creuse pas beaucoup. Le plaisir d'avoir essayé leur laisse cependant de larges sourires.




Il est déjà temps de partir. La musique sort de partout. La rue se remplit. Le soleil tape. Eglantine croise une amie de sa classe. Nous pourrions passer la journée dans cette rue qui s'exprime avec tant de gaieté.

Ce soir Eglantine dort avec sa poupée et Hortense avec son oiseau.

Toutes les photos sur mon Picasa.


Merci Lili !

Suivre le bus jusqu'à Mizil. Je n'aime pas les bus. J'ai pris ma voiture. Puis tourner à gauche vers Domeniile Franco-Române pour goûter le vin de Denis et Christine, Bourguignons installés en Roumanie, spécialistes du vin bio. Si j'avais pris le bus comme les autres, j'aurais peut-être bu un peu plus. Tant pis.

Pour le moment il fait bon et les enfants sont contents de se dégourdir les jambes. Comme j'ai déjà fait la visite, je reste avec eux dans la cour. L'arc et les ballons sauteurs que j'ai sorti de la voiture trouvent vite leur place.


La cuve en cours d'aménagement s'avère un fabuleux terrain de jeux où les cris se multiplient en échos entremêlés qui bourdonnent dans nos oreilles et s'emparent de tous nos sens. Les enfants sont enchantés. Ils courent le long du grand mur rouge circulaire et leurs pas résonnent par-dessus leurs chants. Une insupportable cacophonie rythmée de rires et de sourires.



J'ai pris ma voiture. Mais nous sommes là pour des heures. Alors je goûte les vins. Un peu. Puis un autre. Parce que je ne me souviens plus du goût de celui-ci. Parce que je veux partager avec tout le monde ce plaisir de comparer les saveurs qui se succèdent. Alors que nos verres se vident, les enfants mangent dehors. Les grands aident les petits. Pour manger. Mais aussi pour attraper les mûres qui tombent en une pluie généreuse quand ils secouent les branches des deux arbres. Les corps et les vêtements se barbouillent de violet un peu noir. Ce soir dans le bain, tout ne partira pas.





Nous nous installons autour de la grande table. Simplicité, générosité, saveurs et cépages variés. Ljiljana et Jérôme nous gâtent pour leur départ en organisant cette journée campagnarde. Des mots qu'ils prononcent pour leur discours, je ne me souviens plus. A ce moment, je regarde le sourire de Ljiljana, ce morceau de soleil. Banane, pêche, ou patate. Ce sourire est le primeur de la bonne humeur. Lili, tu vas me manquer. Je ne suis pas la seule d'ailleurs.



Longue table et discussions infinies. Nous prenons finalement la route du haut de la colline. Je suis toujours le bus dont la plaque s'orne d'une sensationnel VIB. Very Important Bonzi ? Nous délaissons les vignes et les petits villages. Nous laissons les moteurs, dépassons l'église qui se dresse en dernier rempart sous les nuages et nous serpentons à travers les chardons et les fleurs odorantes, sur la crête de la colline, dominant des vallées arborées d'un côté et l'immensité de la plaine de l'autre.





Nous croisons des chevaux placides. Nous ramassons de petites fraises sauvages au goût intense. Nous voyons de loin se dessiner sur l'arrondi du relief un champ de sculptures de pierre. Comme les vestiges d'une humanité figée, dégageant une spiritualité paganique, corps déformés ou stylisés, symboles d'un univers pluriel, ils nous engagent à se poser dans l'herbe, méditant sur la forme des nuages et la pluie qui s'annonce au loin. Vidant simplement les esprits, pris par la pierre, lénifiés par les formes qui prêtent des rêves à notre imagination.






Les enfants courent. Personne ne pleure. La vie est belle. Le berger et ses chèvres nous regardent passer stoïquement. Nous devons lui sembler aussi étrange qu'à nous sa tenue d'un autre temps, d'un autre monde. Dans la voiture au retour Hortense me demande Gangnam Style. Jeanne et Eglantine dansent avec elle. La continuité du monde est finalement celle que l'on se crée.



Merci Lili pour cette délicieuse journée !

vendredi 14 juin 2013

Moment de calme urbain

Les cris des enfants sont rentrés dans les classes. Le flot des mamans est parti se répandre dans la ville. Par la porte ouverte j'entend le vent frais d'après l'orage, et d'avant le prochain, qui m'amène le murmure des oiseaux et des feuilles. Au loin le moteur d'un avion, les roues d'une voiture sur la rue détrempée. L'odeur de l'herbe humide chatouille mes narines. Un rayon de soleil réchauffe subrepticement la pièce où trône mon canapé. J'y bois mon thé en lisant Transfuge sur mon IPad. Mon rendez-vous de ce matin est annulé. Je m'offre un moment de calme urbain.

Envoyé de mon iPad

mardi 11 juin 2013

Turquie je t'aime

J'ai toujours mon cahier Moleskine dans un coin de mon sac. J'y note aussi bien mes listes de choses à faire que quelques mots qui me traversent parfois l'esprit. Avant de les perdre. J'y garde aussi les textes de mes ateliers d'écritures, écrits très vite, parfois illisibles. Mots qui se bousculent pour tous trouver leur place sur les pages douces et jaunes.

Jeudi 25 avril, j'étais à Bursa avec les filles. La place Taksim à Istanbul n'était pas encore un champ de bataille. La robe rouge n'était pas un symbole. Je ne connaissais pas la signification du mot capulcular, "tchpapouldjoular", les maraudeurs, les racailles. Mes amis turcs en sont tous aujourd'hui. Mon mur facebook est submergé de drapeaux rouge et blanc, d'images de violences policières, d'appels au calme, à la mobilisation, de numéros de pharmacie et de médecins de garde, d'articles de journaux en français, en anglais et en turc qui tentent de faire comprendre la situation. Je ne souhaite même pas ici essayer d'en faire une synthèse. Ca n'a jamais été le but de la Cafetière, même quand elle était turque. En tapant aujourd'hui mon texte du jeudi 25 avril, j'espère juste vous faire partager un peu de mon amour pour cette Turquie qui se déchire aujourd'hui.

A Yesim et Murat, Tini et Raluc, Virginie, Esra, Yeliz, Aydin, Seher, Ugur, Caroline, Gün, Sultan, Elif , Onur, et à tous les autres, mon cœur est avec vous !




Jeudi 25 avril 2013. Bursa.

Le thé est chaud et les ayrans éventrés par leurs pailles rouges traînent encore au milieu des petits cœurs blancs de la nappe rose. Le vendeur de simit est assis au bord de la fontaine du Koza Han. L’ombre des arbres dessine un monde de murmures en noir et blanc sur les pages de mon cahier.
L’après-midi commence au rythme des tintements des cuillères dans les petits verres de thé ambré.

Une heure plus tôt les rues étaient presque vides. Nous croisions un homme portant avec décontraction un plateau de simits chauds sur la tête. Un autre poussait une brouette pleine d’agneaux dépecés prêts à être exposés chez le boucher. Le marchand de tapis finissait de passer l’aspirateur dans sa boutique. Le pain chaud sortait du four. Les marchands de glace regardaient leurs téléphones portables devant les piles de cornets en attendant les premiers clients.

Quand nous sommes arrivées chez Davut Bey, le tailleur, il coupait à grands coups de ciseaux bien affutés ce tissu qui habillera bientôt un homme bien mis de la ville. Davut n’a pas tout de suite reconnu Hortense qui ne ressemble plus au bébé de ses souvenirs. Mais en tournant son regard vers Eglantine, il a tout de suite dégagé le rouet qui sert de gouvernail à ses grandes aventures depuis toutes ces années que nous venons chez lui. Il ne l’oublie pas, ce petit bout de fille, Capitaine des costumes qui ondulent au rythme des flots de tissus, désormais secondée par son fidèle lieutenant, Hortense.

Aux fruits et légumes, fraises et mûres ont eu la faveur des filles. Les blouses se sont tâchées en même temps que les doigts et les mentons, alors que les sourires ravis pétillaient sur leurs visages. Chez le marchand de tissu, le turc d’Eglantine revient un peu avec quelques bonbons. Tesekkürler. Görüsürüz. Hortense ne s’habitue pas à ce que tout le monde lui passe la main dans ses cheveux fins et clairs. Couettes blondes porte-bonheur. Ses gestes agacés et ses cris de mouette en colère ne découragent personne.

Nous nous lavons les mains à l’eau fraîche des fontaines des petites mosquées. Les voiles colorés ondulent dans la foule des manteaux sombres. Ici un jean slim vert et un chemisier blanc portent une longue chevelure qui flotte sensuellement derrière un barbu ridé à la calotte vissée sur la tête.

Eglantine retrouve ses marques en passant le portail monumental du Koza Han. Börek, açma, repas sur le pouce. Le thé est encore chaud. J’en suis à mon troisième. Les filles mangent une glace. Bientôt nous quitteront la nappe rose et les fleurs du tilleul qui tombent en flocons pour continuer notre voyage dans les saveurs du bazar.

lundi 10 juin 2013

Abeille gourmande

Hortense n'est pas en reste dans les jeux. Elle est allée au parc déguisée en abeille pendant le cours de piano d’Églantine. Il fallait bien quelques gâteaux au retour. Moi c'est elle que j'avais envie de croquer !


dimanche 9 juin 2013

8 ans, suite et fin

Deux jolies barrettes. Une robe de petite demoiselle. Un arc, ses flèches, sa cible. Un livre pour faire des expériences scientifiques. C'est où que je trouve de la glace carbonique ? En attendant on va plutôt tenter de faire du beurre, rubrique colloïdes. Deux carnets et un beau stylo pour écrire ses secrets. Un masque papillon pour s'envoler dans des histoires magiques. Un diabolo pour faire des spectacles. Des tenues de mode à créer sur papier. Un beau tee-shirt qui brille. Un puzzle ours qu'elle "adore trop". Un kit Aquarellum comme elle aime. De la gouache pour peindre ses rêves. Des perles pour une joli collier. Un livre sur le climat qu'elle a commencé à dévorer dans son lit hier soir. Et des plantes carnivores qui font leur effet. Les mouches n'ont qu'à bien se tenir.

Avoir 8 ans, c'est vraiment super. Même Hortense a laissé de côté sa frustration d’avoir à attendre son tour pour chanter un joyeux anniversaire à sa grande sœur.

Bon appétit les plantes !

samedi 8 juin 2013

On a retrouvé le Morpho

Ouf, la journée est finie. Nous avons retrouvé le Morpho, ce papillon bleu dont les pigments des ailes entrent dans la composition de l'encre du dollar. Ne cherchez pas d'article scientifique, il s'agit d'une super animation trouvée sur le web. Une enquête pour jeunes aventuriers dans la forêt tropicale. Les enfants se sont laissés prendre au jeu, résolvant les énigmes, passant des épreuves pour gagner les quelques dollars nécessaires pour soudoyer l'agent des douanes corrompu qui leur "donnait" les indices (magnifique prestation d'Olivier!).



L'ouverture de la tente de camping en moins de cinq minutes a été un vrai challenge, augmenté par l'orage qui distillait ses premières gouttes au même moment. Les enfants se sont réfugiés sous la toile. Il a fallu les faire passer sous la pluie pour continuer les jeux à l'intérieur.



Pour le jeu des statues, nous avons passé la chanson qu'il apprennent en ce moment à l'école, "C'est de l'eau". Nous n'avions plus envie d'arrêter la musique tellement il était émouvant de les voir  chanter en cœur et danser tous ensemble dans une grande complicité.



Ils n'ont pas été nombreux à tenir l'enquête jusqu'au bout. Trop tentant d'aller courir dans le jardin une fois l'orage passé. Tir à l'arc, ballons sauteurs, et ballotage intensif de la tente qui n'était pas fixée dans le sol. Quelle joyeuse folie !



Les bougies feu d'artifice ont fait sonner la sirène incendie du salon, le jus d'orange a été renversé, la course en sac a donné soif, on a râlé auprès de l'agent des douanes, les cris ont fusé, les rires surtout. Pas de photos malheureusement parce que, mine de rien, quatorze enfants ça ne vous laisse pas le temps de faire la mise au point.

Heureusement nous avons les mots pour garder tous ces sourires au fond de nos cœurs.

Et Eglantine adore tous ses cadeaux, dont ses plantes carnivores... Pourvu qu'elles n'avalent pas le Morpho !


vendredi 7 juin 2013

Ciclop - parking artistique

 6-8 boulevard Magheru se trouve l'entrée d'un parking, Parcarea Ciclop. Peu de voitures empruntent encore la rampe aux peintures décrépies. A l'intérieur, les artistes ont investi les étages avec un projet nommé Work In Progress. Zoita emmène mon Duster tout en haut. Je me gare à côté de la scène qui accueillera des musiciens mercredi soir prochain, juste à côté du café insolite de ce parking fantôme. Zoita s'est approprié le sol de la rampe qui monte au dernier étage. Elle l'a protégé de grandes feuilles avec d'anciennes impressions de ses travaux. Nous faisons un tour des autres créations en cours. Ramon Sadic fait un clin d’œil aux évènements de Turquie avec un énorme TAKSIM peint sur un mur.



Puis Zoita enlève la protection de son œuvre. Une naissance. Visage dur et coloré où le noir renforce les traits, dont la force sort avec violence au milieu de touches de couleurs saturées.


A la lumière d'un feu-follet

J'ai un peu de temps après la visite du showroom d'Adrian Oianu. Je pousse jusqu'à l'atelier de Zoita où Sophie et Harmonie finissent leurs œuvres en cours. Sophie peint une sculpture en terre puis la rehausse de motifs à la feuille d'or. Elle en met jusque sur mon bras. Je fais partie de son oeuvre, ce feu-follet asymétrique, cette flamme qu'elle a en elle et qui ne demande qu'à jaillir.

Merci Sophie pour la photo !