jeudi 1 décembre 2011
1er décembre
Alors qu'avait lieu le défilé militaire à l'occasion de la fête nationale roumaine, nous avons repoussé d'une journée notre départ vers Targu Jiu pour nous reposer. L'occasion de finir les décorations de Noël, brûler la bougie de l'avent et ouvrir la première case du calendrier qu'Olivier a ramenés d'Autriche.
Une petite journée en famille avec le sourire du soleil. Les filles ont apprécié !
mercredi 30 novembre 2011
Papa bun
J'ai mis un clafouti à cuire.
Quand elle rentre du parc avec Elena, Hortense voit le gâteau dans le four. Elle va immédiatement prendre une petite cuillère. "Goûter ! Goûter !"
Elle me montre son bavoir. La voilà bien équipée qui monte la garde devant la cuisinière.
"Là papa bun !"
Papa bun en roumain c'est pour dire que la nourriture est bonne. Un joli mélange de français et de roumain pour dire que c'est là que ça se passe quand on aime bien manger !
Quand elle rentre du parc avec Elena, Hortense voit le gâteau dans le four. Elle va immédiatement prendre une petite cuillère. "Goûter ! Goûter !"
Elle me montre son bavoir. La voilà bien équipée qui monte la garde devant la cuisinière.
"Là papa bun !"
Papa bun en roumain c'est pour dire que la nourriture est bonne. Un joli mélange de français et de roumain pour dire que c'est là que ça se passe quand on aime bien manger !
mardi 29 novembre 2011
Entre le cuir et le rêve
Un show-room ? Certainement. Un musée ? Un peu. Un cabinet de curiosité ? Dans l’esprit.
Nous sommes chez Dan Coma.
Nous poussons la porte et déjà nous entrons dans un autre monde. Un petit chien blanc nous accueille dans la bonne humeur. Sur le mur, des objets traditionnels roumains. Passé l’entrée, des robes de soirée à l’élégance extravagante nous font miroiter un univers onirique plein de fantaisie. Dans la salle principale une grande table centrale invite à faire le tour de la pièce. Sacs et chaussures aux formes et couleurs variées attendent sagement de prendre vie avec les clientes de ce célèbre maroquinier bucarestois.
Gros canapés, chauffeuses et fauteuils au charme ancien appellent à s’installer pour essayer des chaussures de cendrillon ou des bottes en brocard à talons vertigineux. Ouvrez le tiroir de la vieille commode et vous trouverez une collection de ballerines de toutes les couleurs. Cette petite paire noire et rose, douce comme une soirée en amoureux, m’a beaucoup plu.
Dans l’escalier, des robes de mariée. Là de petites tables bottées de bronze. Et partout une collection de poupées Jumeau. Car elles sont habillées et chaussées à la mode de leur époque, dans un travail soigné avec des matériaux de qualité. Dan Coma y trouve une source d’inspiration incroyable. Cet endroit respire la quiétude, baigné d’une douce lumière automnale, comme suspendu dans le temps. Et déjà on se verrait bien avec ce sac en cuir vert foncé dont l’intérieur en fourrure rouge nous attire comme un aimant. Ou ce noir plus sobre avec ses anses camel, so chic. Ou l’extravagant du brillant, le tout-fourrure pour l’hiver, la petite pochette colorée… Voir, toucher, rêver.
Les premiers groupes sont remontés des ateliers en sous-sol. C’est notre tour. Nous ne sommes que quatre. Comme une visite privée. De vieilles photos de Bucarest. « Regardez comme les femmes étaient bien habillées ! » Un uniforme de majordome du Roi Michel. De vieux casques. C’est une plongée dans l’histoire de la Roumanie qui nous mène jusque dans cette pièce où les cuirs de vache, d’autruche, de serpent ou de crocodile sortent leurs couleurs de tous les coins.
Pour moi la pièce maîtresse est cette presse du XIXe siècle qui sert toujours à sculpter des dessins en relief dans le cuir. La plaque de métal est gravée. C’est elle qui imprimera son motif au cuir, coincée dans les mâchoires de la presse aujourd’hui chauffée à l’électricité. Avant elle fonctionnait avec un système de vapeur. Quatre tonnes de pression. Un travail magnifique.
L’incroyable douceur du chinchilla. La souplesse de cette peau de serpent entièrement découpée puis recousue sur du tissu pour recréer le mouvement d’un serpent. Les picots laissés par les plumes de l’autruche. Et ma main qui toujours se promène. L’odeur chaude du cuir. Les piles de semelles. Le bruit de la machine à coudre dans la pièce voisine. Mes sens sont en éveil.
Dan Coma est un artiste.
Il a commencé en travaillant pour le théâtre. Et puis un jour, à Lyon, il tirait un bout de passementerie pour le regarder. A l’autre bout un homme tirait aussi. Ils se sont présentés. L’homme est venu le voir à Bucarest. Avec lui Dan a eu sa première commande à l’étranger. Une pièce en costume du XVIIIe siècle au Théâtre du Capitole à Toulouse.
Il a fallu partir. Mais j’y retournerai la semaine prochaine. Bien obligée ! J’avais oublié de remettre la carte SD dans mon appareil photo…
mercredi 23 novembre 2011
Des éprouvettes à la verrerie d'art
Adrian System réalise traditionnellement de la verrerie en Pyrex pour les laboratoires. Eprouvettes, fioles ou bécher naissent sous les mains agiles d'ouvriers qualifiés. Mais la Chine et sa main d’œuvre bon marché a changé la donne. Les propriétaires se sont donc lacés dans la verrerie d'art... en Pyrex. Bon, il y a beaucoup de kitch mais aussi de belles trouvailles : décorations de Noël, salières et poivrières design, petites carafes de alambiquées ou des flacons pour l'huile et le vinaigre comme des bulles de savons. Car en plus de leurs propres idées, Adrian System travaille aujourd'hui avec de jeunes designers, notamment français, qui profitent des qualités du Pyrex pour créer des objets au design futuriste mais à la solidité éprouvée. Quand en plus c'est beau, on en redemande !
Le bonne idée ? On peut devenir soi-même une graine de styliste en faisant réaliser par Adrian System l'objet de ses rêves pour un prix léger comme du verre Pyrex !
Le bonne idée ? On peut devenir soi-même une graine de styliste en faisant réaliser par Adrian System l'objet de ses rêves pour un prix léger comme du verre Pyrex !
lundi 21 novembre 2011
Conteuse d'histoires
| En plus il y avait un pouf assorti à son pantalon ! |
Alina a dit qu'Eglantine avait beaucoup d'imagination et beaucoup d'humour. Nous n'en doutions pas ;-)
Carêmes
Le 15 novembre dernier a commencé le carême d’avant Noël (postul Craciunului). Pas de viande, pas de fromage, d’œuf ou de lait. Le poisson est autorisé le week-end et les jours de fête, comme le jour de la Saint Nicolas, le 6 décembre.
Bien sûr les Roumains ont aussi le carême de 40 jours avant Pâques (postul Pastelui) où le poisson est totalement défendu. La dernière semaine avant Pâques, semaine de la Passion (saptamana Patimilor), il est normalement interdit de consommer de l’huile et des orties.
Enfin un troisième carême a lieu du 1er au 15 août (Sfintei Marii) et tout au long de l’année les mercredi et vendredi sont également des jours de carême.
Durant les périodes de carêmes, on ne célèbre pas de mariages.
Certaines personnes peuvent également choisir de faire une ou plusieurs journées de post negru durant lequel ils ne mangent ni ne boivent absolument rien. C’est le cas le Vendredi Saint (Vinerea Mare).
Toutes ces explications nous ont été fournies par notre prof de roumain, Antonia, alors que nous plaisantions sur son mariage (auquel bien sûr nous rêvons d’assister !). Elle nous expliquait que même si elle avait un fiancé, le mariage ne pourrait pas être célébré dans les prochaines semaines à cause du carême.
En dehors de ça il ne me semble pas que la majorité des Roumains suivent strictement ce carême de Noël.
dimanche 20 novembre 2011
Sport sur écran vert
Ecran vert sur lequel des joueurs civilisés s'affrontent dans un tournoi de golf. "Dis papa pourquoi toi personne ne te regarde jouer au golf à la télé ?" Eglantine s'intéresse.
Elle revient après un long moment dans sa chambre.
"Mais papa pourquoi ils se battent les golfeurs ?!"
Ecran vert sur lequel les joueurs s'affrontent maintenant au corps à corps.
Olivier est passé au rugby... ;-)
Elle revient après un long moment dans sa chambre.
"Mais papa pourquoi ils se battent les golfeurs ?!"
Ecran vert sur lequel les joueurs s'affrontent maintenant au corps à corps.
Olivier est passé au rugby... ;-)
vendredi 18 novembre 2011
Coliva
Au début de la visite du cimetière Bellu, Mariana nous a distribué des petits paquets de coliva. Ce plat sucré est préparé uniquement pour commémorer les morts. D’après notre guide il remonterait à la tradition dace du sacrifice pour Zalmoxis. Le meilleur guerrier qui devait mourir pour porter un message à ce dieu recevait avant son saut sur les lances acérées du vin et de la nourriture saine : blé, noix, miel qui devaient purifier son corps.
Lors des enterrements, la coliva préparée par les proches du défunt est distribuée à la famille et aux amis, mais également aux pauvres, pour honorer la mémoire du mort.
Etrangement cette douceur funéraire rappelle la saveur du asure turc. Bien que sans les haricots secs. Les deux cultures se seraient-elles rencontrées autour de ce plat lors des siècles d’occupation ottomane ? Pour moi ce fût un réel plaisir de retrouver un goût que j’apprécie grâce à la bienveillance de notre guide.
Le cimetière Bellu
Nous arrivons un peu en retard et retrouvons le groupe à l’entrée du cimetière. Le temps est splendide. Le soleil illumine les feuilles d’automne qui virevoltent au-dessus des tombes en une pluie dorée. Nous sommes dans le plus grand cimetière de Bucarest construit au milieu du XIXe siècle sur un terrain donné à la ville par le baron Bellu.
Ce cimetière est le premier à s’installer à l’extérieur de la ville, délaissant les traditionnels petits cimetières qui se pressaient autour des églises. Les grandes familles de Bucarest s’y font construire de véritables palais pour abriter leurs morts. Elles confient ce travail aux meilleurs artistes de Roumanie. Si bien qu’au détour des allées où la nature est aussi présente que les pierres, nous admirons des architectures variées qui ont finalement en commun une certaine démesure.
Je préfère les vieilles pierres aux constructions plus modernes. Mais j’ai trouvé particulièrement notable le caveau qu’a fait construire une riche famille d’aujourd’hui, avec ascenseur et climatisation. Musiciens, écrivains, aviateurs, peintres, acteurs, riches familles, les tombes croulent sous les feuilles. Les anges veillent sur ce lieu hors du temps. Mais pas hors de la vie. Là une femme qui balaye une tombe, des ouvriers qui réparent une allée, un chien qui erre, le cimetière n’est pas un lieu oublié des vivants. D’ailleurs de petits bancs attendent un peu partout les visiteurs, comme une invitation à rester nous aussi.
De l’histoire de ses occupants je n’ai pas tout retenu. Entre écouter notre guide et prendre des photos mon choix est allé vers les photos. Je passais donc beaucoup de temps à courir ensuite après le groupe. J’ai cependant mis dans ma besace quelques belles histoires, forcément dramatiques. Nous sommes dans un cimetière…
Éternellement sensible à la lumière et aux couleurs, je n’ai pu qu’être interpellée par la profusion des lanternes autour des tombes. J’aimerais avoir l’occasion de voir le cimetière ainsi illuminé lors d’une des deux fêtes des morts.
A l’extrémité sud du cimetière se trouve le carré français où sont inhumés les soldats français morts lors de la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens sont bien présents. Mais leur nombre de soldats inconnus frappe par son importance. Peut-être le seul endroit du cimetière Bellu avec des croissants. Comme nous ne sommes que quelques jours après le 11 novembre, le monument aux morts est tapissé de gerbes de fleurs. De quoi gonfler l’ego de l’énorme coq en bronze qui se dresse fièrement à son sommet.
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