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mercredi 17 avril 2013

Les mains de Zoita

Le vendredi c'est peinture avec Zoita. Enfin quand je peux. Je n'y suis pas beaucoup allée ces derniers mois. La semaine dernière elle m'a demandé de photographier ses mains qu'elle avait préalablement frottées de charbon.

J'aime cette image de l'artiste aux mains salies, comme en défense, comme en pression, fermée mais les mains ouvertes vers son spectateur, disparaissant derrière son activité, ses mains comme identité.


vendredi 1 mars 2013

3x12 fotografii

Le 122 de la Calea Victoriei ne porte pas de numéro. Un large porche sombre. Nous poussons la grille, jetons un œil sur les deux seules enseignes éclairées, apercevons des gens qui fument et discutent au niveau de l’autre sortie de la cour. Nous poussons encore une grille et trouvons la Galerie Kodex, finalement plutôt Strada Piata Amzei que Calea Victoriei.

La galerie est au sous-sol d’une boutique d’encadrement. On y descend par un étroit escalier en colimaçon. Les marches exiguës en métal gris mènent à la salle largement baignée de lumière où sont accrochées les 3x12 fotografii de trois jeunes photographes. Chacun expose douze photos, d’où le nom de l’expo. Dragos Dumitrescu est un des meilleurs amis de Zoita. Voilà comment je suis arrivée là. Les trois artistes exposés se connaissent depuis longtemps. Dragos m’explique que les photos sont mélangées, mettant en avant la complémentarité de leurs travaux. Le fil directeur n’est pas la beauté mais l’atmosphère et le questionnement.



De fait les 36 photos dégagent un sentiment commun, celui d’une profonde solitude de l’homme. Perdu dans des décors urbains décrépis, l’homme est relégué dans un coin ou au bas du cadre, les pieds coupés, perdant son lien avec la terre.  Les murs prennent toute la place, transpercés de fenêtres minuscules, puits de lumières inaccessibles. Ils sont décrépis, fissurés, parfois saturés de couleur, souvent ternes ou carrément en noir et blanc. L’animal lui aussi ne profite d’aucune liberté, d’aucune espérance. Un âne coincé entre des murs. Un cheval à la perspective bouchée par les pieds des hommes qui l’entourent. Et même cet oiseau qui de loin rappelle une colombe en vol, n’est qu’un pigeon en train de se poser dans une cour minuscule où la seule porte de sortie aux moulures en mousse expansive est désespérément hermétique.


3x12 fotografii n’est pas une expo qui repose. Chaque photo nous ramène à notre propre claustration dans les murs de nos pensées, nous obligeant finalement à la dépasser pour retrouver cet espoir qui fait vivre !

mardi 8 mai 2012

Colours of Romania, l'expo


C'est pour bientôt ! Une de mes photos va être visible dans l'exposition "Colours of Romania" qui sera officiellement inaugurée vendredi 18 juin à 18h au Crowne Plaza Hotel (Bd Potigrafiei nr 1, Sector 1, Bucarest) . En plus il sera même possible d'en acheter un tirage ou de la retrouver dans le livre associé à l'exposition.

Tous les bénéfices de ces ventes sont reversés à des associations caritatives de Roumanie : Mia’s Children, Mary Veal, Asociatia Speranta Pentru Sanatate (Hope for Health), Sister Rose Carmel McNamara, The Association of "Our Lady of Mercy in Romania", Parada, Hospice Casa Sperentei, Mia (Casa Valentina), Fundatia Inocenti, Light into Europe et Second Chance.


mardi 27 mars 2012

Colours of Romania

Voici mes trois photos préférées présentées au comité de sélection du livre. Vous saurez bientôt la ou lesquelles ont été retenues !




vendredi 2 mars 2012

Les défis de Mihai

Voilà plusieurs années, alors que nous étions encore au Portugal, je demandais à une amie roumaine comment était son pays. Elle m'a répondu que c'est le pays idéal quand tu aimes la nature et la montagne. Je suis une citadine. Et nous sommes allés en Turquie.

Maintenant nous sommes en Roumanie et je pars faire des voyages photo dans la montagne et la neige. Ils sont loin les pavés parisiens. Chaque voyage avec Mihai est un nouveau défi, aussi bien photographique que sportif. Si je pense que j'ai bien intégré les histoires d'ouverture, de vitesse et d'ISO, j'ai encore bien du mal à me sentir à l'aise avec cette montagne qui ne m'est pas familière et cette neige qui me noie depuis des mois. Après les heures de conduite jusqu'à la frontière ukrainienne, mon genou n'est pas au meilleur de sa forme et j'avais remis mon attelle hier pour venir jusqu'à Magura. Elle m'a bien aidée aujourd'hui mais la neige profonde et facétieuse a eu raison de mes dernières forces. La nature s'en est mêlé soufflant un vent violent, nous poussant à la rupture d'équilibre, alors que les nuages balayaient le ciel, jouant avec les reflets du soleil. Et parce que cette journée devait nous réserver encore bien des surprises, nous avons du escalader un chasse-neige pour continuer notre route, avant de profiter de la charrette de deux paysans pour faire un bout de chemin. Douche chaude, gel anti-inflammatoire, une bière, un bon dîner et seules restent les courbatures naturelles des sept heures de marche de la journée.

En gros vous l'aurez compris, j'en ai marre de la neige ! Mais comment ne pas savourer ces rires partagés, les glissades pour descendre la montagne au plus court, les situations impromptues, la chaleur des rencontres, la compagnie des chiens, des moutons ou des chevaux ? Je vis lors de ces séjours des instants inoubliables. Les hommes aux pantalons rapiécés, l'odeur de la bergerie jusqu'au plus profond des os, les moutons à la fourrure épaisse, les dents en or, les dents en moins, les yeux bleus, les chapeaux d'astrakan, la fondue savoyarde, la visinata (liqueur de cerise), l'afinata (liqueur de myrtilles), les meules de foin recouvertes de neige, les maisons en bois, les vieilles fenêtres et le linge suspendu au-dessus de la neige. Est-ce que finalement je vais aimer la montagne et la neige ? ;-)














mardi 14 février 2012

Le jour d'après

La neige s'est arrêtée de tomber. L'école est fermée. Le temps est dégagé. Nous partons pour le parc. Les filles pourrons s'amuser et moi faire des photos. Au passage nous prenons un copain d'Eglantine. Hortense ne veut pas être traînée dans la luge. Elle veut marcher. Mais à son rythme, nous mettrons trop de temps pour arriver au parc. Je décide de la porter. Erreur. Glissade. Je tombe mal sur mon genou. Entorse. Hortense va très bien. Je panique pour mon objectif. Finalement je n'ai cassé que le filtre. Ouf !




Je boîte un peu tout le reste de la sortie (et j'ai encore mal maintenant malgré mon attelle). Elena s'occupe d'Hortense, moi des photos et les chiens errants errent. Quant à Noam et Eglantine, ils ne s'occupent que de jouer. Le parc Herastrau est un terrain de jeux fabuleusement enneigé où il fait bon construire des murailles, faire des batailles de boules de neige ou s'inventer des histoires dans un bateau pris dans les glaces comme un baleinier sur la banquise.







Sur les aires de jeux, la neige s'est prise dans le maillage des balançoires et des toboggans et j'ai de la neige jusqu'aux genoux. Pour Noam et Eglantine, l'excitation et à son comble. Grimper, sauter, glisser, se laisser tomber dans cet océan de poudre blanche, ils ne s'ennuient pas. Pour Hortense c'est plus compliqué. Elle veut suivre les grands mais ne peut pas marcher. Comme elle refuse toute aide, elle rampe tant bien que mal. Elena finira sagement par la ramener à la maison.




Le lac Herastrau est gelé et couvert d'une épaisse couche de neige. De l'autre côté la Maison de la Presse Libre se détache à peine de tout ce blanc. Dans le parc les enfants sont de plus en plus nombreux qui viennent profiter de la neige. Les parents se transforment en chiens de traineaux et tirent vaillamment les luges.





A force de sauter et de courir dans la neige, Eglantine a de l'eau dans sa chaussure. Vite, nous rentrons à la maison tout faire sécher sur les radiateurs.

Pour voir toutes mes photos de Bucarest sous la neige, cliquez ici !

mercredi 1 février 2012

Les Apuseni sous la neige

Vous qui suivez ce blog vous avez bien compris que je suis partie faire un stage photo de trois jours dans les Apuseni. L'idée ? Photographier les couleurs de l'hiver dans les villages et montagnes de cette Transylvanie à forte influence hongroise. Récit d'un voyage haut en couleurs, même si ce fût parfois assez proche du noir et blanc.

Tout commence jeudi, où dans une Bucarest bloquée par les tempêtes de neige nous réussissons finalement à décoller pour Cluj (A). Notre prof de photo, Mihai Moiceanu, nous attend avec un van pour nous conduire à la pension de Conacul Secuiesc dans le village de Coltesti (B). Nous nous écroulons dans la chaleur réconfortante de cette grosse bâtisse en rouge, vert et blanc.



Agrandir le plan

Après un petit déjeuner copieux et bavard, nous sortons nos équipements de neige pour partir à la chasse aux photo dans le village. Dans les rues désertes quelques hommes titubent déjà en sortant du café-bar de la coopérative. Boire, ou comment tuer le temps quand la rigueur de l'hiver empêche toute activité. Rides creusées, regards perdus dans le blanc de la neige et gueules tordues dessinent la beauté toute en relief de ces villageois.





Au loin la forteresse de Coltesti nous indique le chemin à suivre. La route est longue et les arrêts photos trop nombreux pour que nous arrivions jusqu'à elle. Nous nous satisfaisons d'un mont en contrebas pour faire des photos du village vu d'en haut. Nous sommes épuisées par la montée dans la neige fraîche où nous nous enfonçons jusqu'aux genoux. Cathy deviendra ainsi notre Snow Fairy tant il est difficile pour elle de sortir ses jambes de la neige, provoquant chutes, roulades et éclats de rire. Mais c'est toujours une grande satisfaction d'arriver en haut. J'avoue cependant que je ne suis pas une grande amatrice de ces paysages en noir et blanc. Le soleil en effet n'est pas avec nous et le ciel restera couvert une grande partie de la journée.






Le déjeuner à la pension nous fait profiter des spécialités culinaires du pays. Nous serons chouchoutées tout au long de notre séjour par Tibike, un serveur plein de classe et d'humour. Il scotchera par exemple sur son ordinateur une pomme qu'il aura préalablement croquée, histoire d'être en harmonie avec l'ambiance Apple des nombreux Mac ouverts sur les tables, le soir, lors du debriefing.

Nous allons chercher le coucher de soleil sur les hauteur de Rimetea (C), un petit village hongrois proche de notre pension. Le temps d'installer les trépieds, le soleil se cache. Apprendre la photo se révèle être aussi un apprentissage de la patience. Nous attendrons qu'il réapparaisse, baignant le sommet de la montagne de sa chaude lumière alors que déjà le village est dans l'ombre.



Le lendemain matin nous traînons moins, désireuses de profiter pleinement de notre journée. Nous faisons un nouvel arrêt à Rimetea pour travailler sur la réflexion des maisons dans les bassins de la fontaine du village. L'arrivée du soleil annonce des photos plus colorées, plus inspirantes. Je commence à maîtriser les réglages de mon appareil. Mais Mihai me reproche un point de vue de peintre et non de photographe. J'ai indéniablement encore beaucoup de choses à apprendre.



La route pour déjeuner à Silciua (D) n'est pas simple quand nous devons partager la route étroite et enneigée avec un couple de bœufs tirant des troncs d'arbre. Mais nous découvrons la vie des villages transylvaniens, comme ces deux jeunes hommes et cette femme en train de charger du foin sur une charrette à Buru. La scène est pittoresque et nous sortons nos caméras alors que Mihai entame la conversation. Les trois jeunes gens viennent d'acheter du foin à une vieille dame qui nous récitera des poèmes.






Après avoir englouti mamaliga (la polenta roumaine), Afinata (liqueur de myrtilles) et Visinata (liqueur de cerises), je suis parée pour la montée. Chacune puise dans ses forces pour relever ce défi sportif. A l'arrivée quel enchantement ! Les vallées se dessinent en courbes blanches dans la lumière de cet fin d'après-midi ensoleillée. Nous attendons que le soleil se perde derrière les montagnes puis fixons tant bien que mal dans nos objectifs la lumière bleue de la nuit qui tombe. La descente se fera dans le noir des sous-bois. En bas, un bon vin chaud réchauffera les corps et les cœurs bien sollicités.





Dimanche nous remettons tous nos bagages dans le van. Nous saluons Tibike et son jeune collègue de chaleureux gestes de la main alors que nous quittons la pension pour nous rendre aux gorges de Turda (E) Quand nous arrivons au gorges le soleil est haut. Le thermomètre ne dépasse pourtant pas les -10°. Nous descendrons au-delà des -20° au plus profond des gorges. Prendre des photos devient alors compliqué. Les doigts se refroidissent trop vite. La rivière gelée, parsemées de pierres de neige, de reflets et de branches donne lieu à de nouveaux exercices photo.



 

Nous déjeunons à Turda (F) au Castelul Printul Vanator (château de Dracula et du Prince de la Chasse). Très kitch jusque dans le menu qui propose un plat nommé "Exhausted Dracula's dick" (la bite épuisée de Dracula). Il paraît que quand on voit le plat, le titre est très parlant... Nous sommes restés sages et avons ensuite filé vers notre dernière destination avant l'aéroport, l'ancienne mine de sel de Salina-Turda (G). Un lieu totalement surréaliste avec une grand roue, des barques autour d'une île ou encore un mini-golf dans la grotte creusée pendant des années par les mineurs du sel.







Toutes mes photos sur Picasa : cliquez ici.

dimanche 29 janvier 2012

Cœur de neige

Personne ne m'avait prévenue. Ce stage de photo est aussi un vrai défi sportif. La colline du premier jour était un amuse-bouche. Samedi nous avons plongé nos bottes fourrées dans une neige épaisse, cachant un dénivelé qui semblait sans fin. En haut il semblait que nous avions mérité de magnifiques photos ! Des paysages splendides, parsemés de petites maisons de bois pour garder le foin et abriter les animaux, traversés des traces de ces animaux qui peuplent les montagnes. Une neige douce et blanche, la tendre lumière des derniers rayons du soleil et le regard se perd au milieu des montagnes, noyé dans le bleu du ciel.

Le truc à ce moment là c'est de ne pas rater ses réglages. Un peu comme moi qui ai pris une demie-heure avant de réaliser que j'avais laissé mon ISO pour prendre les photos des bouteilles de la pension où nous avions déjeuné juste avant.

vendredi 27 janvier 2012

Premières photos

Nous espérions le soleil mais nous sommes partis sous les nuages. Heureusement le vent nous a laissés tranquilles et nous étions à l'aise dans nos équipement pour le grand froid. Nous sommes sept femmes de toutes nationalités avec notre prof de photo, Mihai Moiceanu. Ce grand ours, originaire de Brasov, est un photographe renommé de Roumanie. Il connaît le pays comme sa poche et nous emmène saisir cette Roumanie lointaine et pourtant si proche que nous aurions du mal à approcher sans lui. Il parle aux habitants des villages que nous traversons. Avec lui ils se sentent en sécurité et laissent tous ces gros objectifs pointer vers eux sans objection. Nous enfonçons nos bottes dans l'épaisseur moelleuse d'une neige toute fraîche, escaladons les collines et traquons les visages abîmes par la vie dont les rides racontent l'histoire muette. Là un chien, des moutons ou un cheval tirant une charrette rustique. Ici une végétation presque invisible. Des portails verts rehaussés de rouille. Un regard derrière une fenêtre. Et le soleil qui se couche, illuminant la montagne de sa douce lumière dorée, celle-là même que nous avions attendue depuis une demie-heure.

dimanche 18 décembre 2011

Bokeh


Bokeh ou bokek. C’est le flou à l’arrière-plan d’une photo. Ce flou permet de détacher son sujet du fond. Et d’avoir des photos magnifiques. Grâce à mon homme, au Père Noël et à un ami qui va à New-York pour ses vacances, je vais bientôt avoir un objectif Canon 135mm F2 qui me permettra d’obtenir ce flou et de faire des portraits de folie.  A moi les artisans roumains !

Et vive les cours de photo avec Mihai Constantineanu !