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mardi 2 juillet 2013

A la rencontre du vrai Morpho

Dans la serre installée à l'ombre du jardin derrière le musée Antipa, Noam, Eglantine et Hortense ont pu voir un vrai Morpho. Ce papillon aux splendides ailes bleues dégustait des tranches d'orange sous le regard subjugué des enfants.


Une rencontre sympathique à arroser d'une bonne limonade comme savent si bien les faire les Roumains.






Les papillons sont visibles jusqu'au 31 juillet.

dimanche 16 juin 2013

Merci Lili !

Suivre le bus jusqu'à Mizil. Je n'aime pas les bus. J'ai pris ma voiture. Puis tourner à gauche vers Domeniile Franco-Române pour goûter le vin de Denis et Christine, Bourguignons installés en Roumanie, spécialistes du vin bio. Si j'avais pris le bus comme les autres, j'aurais peut-être bu un peu plus. Tant pis.

Pour le moment il fait bon et les enfants sont contents de se dégourdir les jambes. Comme j'ai déjà fait la visite, je reste avec eux dans la cour. L'arc et les ballons sauteurs que j'ai sorti de la voiture trouvent vite leur place.


La cuve en cours d'aménagement s'avère un fabuleux terrain de jeux où les cris se multiplient en échos entremêlés qui bourdonnent dans nos oreilles et s'emparent de tous nos sens. Les enfants sont enchantés. Ils courent le long du grand mur rouge circulaire et leurs pas résonnent par-dessus leurs chants. Une insupportable cacophonie rythmée de rires et de sourires.



J'ai pris ma voiture. Mais nous sommes là pour des heures. Alors je goûte les vins. Un peu. Puis un autre. Parce que je ne me souviens plus du goût de celui-ci. Parce que je veux partager avec tout le monde ce plaisir de comparer les saveurs qui se succèdent. Alors que nos verres se vident, les enfants mangent dehors. Les grands aident les petits. Pour manger. Mais aussi pour attraper les mûres qui tombent en une pluie généreuse quand ils secouent les branches des deux arbres. Les corps et les vêtements se barbouillent de violet un peu noir. Ce soir dans le bain, tout ne partira pas.





Nous nous installons autour de la grande table. Simplicité, générosité, saveurs et cépages variés. Ljiljana et Jérôme nous gâtent pour leur départ en organisant cette journée campagnarde. Des mots qu'ils prononcent pour leur discours, je ne me souviens plus. A ce moment, je regarde le sourire de Ljiljana, ce morceau de soleil. Banane, pêche, ou patate. Ce sourire est le primeur de la bonne humeur. Lili, tu vas me manquer. Je ne suis pas la seule d'ailleurs.



Longue table et discussions infinies. Nous prenons finalement la route du haut de la colline. Je suis toujours le bus dont la plaque s'orne d'une sensationnel VIB. Very Important Bonzi ? Nous délaissons les vignes et les petits villages. Nous laissons les moteurs, dépassons l'église qui se dresse en dernier rempart sous les nuages et nous serpentons à travers les chardons et les fleurs odorantes, sur la crête de la colline, dominant des vallées arborées d'un côté et l'immensité de la plaine de l'autre.





Nous croisons des chevaux placides. Nous ramassons de petites fraises sauvages au goût intense. Nous voyons de loin se dessiner sur l'arrondi du relief un champ de sculptures de pierre. Comme les vestiges d'une humanité figée, dégageant une spiritualité paganique, corps déformés ou stylisés, symboles d'un univers pluriel, ils nous engagent à se poser dans l'herbe, méditant sur la forme des nuages et la pluie qui s'annonce au loin. Vidant simplement les esprits, pris par la pierre, lénifiés par les formes qui prêtent des rêves à notre imagination.






Les enfants courent. Personne ne pleure. La vie est belle. Le berger et ses chèvres nous regardent passer stoïquement. Nous devons lui sembler aussi étrange qu'à nous sa tenue d'un autre temps, d'un autre monde. Dans la voiture au retour Hortense me demande Gangnam Style. Jeanne et Eglantine dansent avec elle. La continuité du monde est finalement celle que l'on se crée.



Merci Lili pour cette délicieuse journée !

vendredi 7 juin 2013

Adrian Oianu

Casquette, pantalon de toile et chemisette à carreaux, Adrian Oianu est un créateur roumain qui se veut dans la veine du travail de Philippe Guilet pour 100% RO. Se projeter dans l'avenir à partir des traditions vernaculaires et ancestrales de la broderie roumaine. Dans la forme il s'éloigne de la blouse roumaine immortalisée par Matisse et se base sur des vêtements amples en jersey très doux. Le tee-shirt est son refrain, mettant en valeur la chanson traditionnelle roumaine sur un rythme contemporain, utilisant les vieilles broderies de chemises élimées pour leur donner une seconde vie dans un monde moderne en quête d'identité.
Une très belle découverte faite avec les visites de l'afb !



dimanche 21 avril 2013

Fantastique Istanbul Modern

Istanbul Modern se situe sur les quais du Bosphore, juste au nord de la Corne d'Or. Par chance l'énorme paquebot est amarré plus loin et la vue est dégagée depuis l'ancien entrepôt qui accueille en ce moments de très belles expositions.



Comme une belle journée en Turquie se commence pour un copieux petit-déjeuner, nous nous installons d'abord au restaurant du premier étage. Notre table donne directement sur le Bosphore où le ballet incessant des bateaux attire indéfiniment nos regards.





Notre plus belle surprise est l'ensemble des œuvres provenant de la collection d'art privé de Renault, Fantastic Machinery. Eglantine s'amuse à déjouer les formes de Dubuffet, s'hypnotise devant le mouvement sans but de la machine de Tinguely, décortique les accumulations d'Arman, découvre les photos de Doisneau. Hortense a envie de jouer dans ces œuvres à la machinerie fantastique, reflet artistique d'une ère industrielle qui semble presque déjà révolue et pourtant tellement intemporelle.



L'Istanbul Modern réserve bien d'autres trésors en ce moment et nous y passons un long moment, profitant de chaque installation, de chaque peinture, de chaque sculpture. Nous interrogeant devant des arbres qui respirent comme deux poumons, du bureaux-valises à regarder à la loupe, un piano suspendu, des peintures-tapisseries, une galaxie derrière un rideau de plume où la terre est à l'envers. Endroit, envers, nos sens sont en éveil.

Une journée fantastique.


Les photos sont interdites dans le musée (!) mais Yesim a pu voler quelques moments en famille. Ce fut une visite très joyeuse et pleine de vie.





vendredi 15 mars 2013

Musée Vasile Grigore

Viorel Mihail Rau, sous le regard de Vasile Grigore (autoportrait)

Le Musée Vasile Grigore est un des petits bijoux de Bucarest. Il expose la collection d'art que le peintre Vasile Grigore a amassé au fil des années. Des peintres roumains à l'art populaire de la Roumanie rurale, des icônes sur verre et sur bois à la porcelaine chinoise, des tapis d'orient aux mobiliers français, de l'argenterie à la poterie, visiter ce musée c'est entrer dans l'univers de Vasile Grigore. Car jusqu'en 2004, tous ces objets étaient l'univers de son atelier. Il a tout donné à l'Etat Roumain qui gère dorénavant ce musée.

Viorel Mihail Rau qui a guidé la visite organisée par l'afb ce matin a monté ce musée avec son âme. Il en est toujours aujourd'hui le directeur. C'est un peu son bébé qu'il nous présentait ce matin, sous le regard bienveillant du peintre et collectionneur, le maître, dont un fauteuil au premier étage semble attendre le retour (il est mort en 2012).

Plus de photos sur mon Picasa.

Musée Grigore Vasile
Strada Maria Rosetti nr 29 - Sector 2 - Bucarest
Ouvert du mercredi au dimanche de 9h à 17h.

samedi 9 mars 2013

Le Musée des Cartes



L’afb organisait hier une visite du Musée des Cartes deBucarest. Ce musée est unique au monde. Mais le monde des cartes n’attire pas les foules et nous n’étions que cinq inscrites.

Toutes les cartes datent d’après l’invention de l’imprimerie. Elles sont toutes originales et présentent le monde d’une façon parfois très artistique. On y trouve le Paradis Terrestre, l’emplacement supposé du trésor de Decebal, roi des Daces, et une carte de la Dacie réalisée au 16esiècle d’après les écrits de Ptolémée. Les auteurs et les méthodes utilisées reflètent l’histoire mouvementée de la Roumanie. Les inexactitudes montrent aussi que l’image très approximative de la Roumanie en Europe occidentale n’est pas vraiment récente.


Les cartes sont rangées par zones géographiques et ne se limitent pas à la seule Roumanie. Le musée se situe dans une belle maison de style néo-gothique construite au milieu du 20e siècle dans le quartier Dorobanti, où les cartes trouvent une écrin parfait.


Le prix du billet d’entrée du musée est dérisoire mais vous devrez régler une taxe de 50 lei pour avoir le droit de prendre cinq photos.Merci à l’équipe des visites de l’afb  à qui je dédicace les photos. Le guidage est gratuit et se fait en anglais.

Toutes les photos sur mon Picasa.


Le parc Ioanid, vision d'un libraire inspiré



Le parc Ioanid est un petit parc qui se trouve à deux pas de l’Institut Français de Bucarest. Au 19e siècle, George Ioanid était un libraire réputé. Il créa aussi la première maison d’édition de Roumanie et fut le fournisseur personnel de livres de Carol Ier. Il était surtout un entrepreneur inspiré. 

Alors qu’à la fin des années 1800 le cours de la Dambovita est maîtrisé, les inondations récurrentes s’estompent. Bucarest se construit. Le libraire Ioanid achète un terrain où se trouvait la source de la Dambovicioara, un bras de la Dambovita. Avec le contrôle de cette dernière, le terrain est devenu marécageux. Mais George Ioanid a de grands projets pour ce terrain. Il veut y construire un lotissement de luxe pour la haute-bourgeoisie de Bucarest, qui doit s’organiser autour d’un petit espace de verdure, à l’instar des squares anglais et des parcs français.

Le terrain est drainé. Le libraire Ioanid y plante plus de 25 espèces d’arbres. A sa mort en 1907, ses héritiers vendent à la mairie de Bucarest. Les lots sont vendus à des particuliers qui font construire de riches villas de style néo-brancovan ou classique français, dont les balcons luxueux donnent directement sur le parc. Contenu entre le boulevard Dacia et les rues Polona, Dumbrava Rosie et Aurel Vlaicu, ce quartier est rapidement investi par les Ambassades, le sauvant ainsi des projets urbanistes communistes.

Si bien qu’aujourd’hui le parc et ses maisons cossues ont gardé cet air de Petit Paris des Balkans propre au Bucarest du début 1900. Si le libraire Ioanid n’en a pas vu l’aboutissement, son projet a été une indubitable réussite. Le parc garde encore aujourd’hui un faux air du parc Monceau à Paris.

Depuis 2003 l’endroit a été rebaptisé en l’honneur du grand violoniste roumain Ion Voicu dont une statue orne désormais le parc.

Moi j’ai découvert ce parc cette semaine en visitant une belle demeure de style classique français située Strada Polona. Le printemps faisant tout juste ses premiers pas, la verdure n’avait pas encore investi les allées et je n’ai pas fait de photos. A défaut, je vous propose d’écouter le violon de Ion Voicu.

vendredi 1 mars 2013

3x12 fotografii

Le 122 de la Calea Victoriei ne porte pas de numéro. Un large porche sombre. Nous poussons la grille, jetons un œil sur les deux seules enseignes éclairées, apercevons des gens qui fument et discutent au niveau de l’autre sortie de la cour. Nous poussons encore une grille et trouvons la Galerie Kodex, finalement plutôt Strada Piata Amzei que Calea Victoriei.

La galerie est au sous-sol d’une boutique d’encadrement. On y descend par un étroit escalier en colimaçon. Les marches exiguës en métal gris mènent à la salle largement baignée de lumière où sont accrochées les 3x12 fotografii de trois jeunes photographes. Chacun expose douze photos, d’où le nom de l’expo. Dragos Dumitrescu est un des meilleurs amis de Zoita. Voilà comment je suis arrivée là. Les trois artistes exposés se connaissent depuis longtemps. Dragos m’explique que les photos sont mélangées, mettant en avant la complémentarité de leurs travaux. Le fil directeur n’est pas la beauté mais l’atmosphère et le questionnement.



De fait les 36 photos dégagent un sentiment commun, celui d’une profonde solitude de l’homme. Perdu dans des décors urbains décrépis, l’homme est relégué dans un coin ou au bas du cadre, les pieds coupés, perdant son lien avec la terre.  Les murs prennent toute la place, transpercés de fenêtres minuscules, puits de lumières inaccessibles. Ils sont décrépis, fissurés, parfois saturés de couleur, souvent ternes ou carrément en noir et blanc. L’animal lui aussi ne profite d’aucune liberté, d’aucune espérance. Un âne coincé entre des murs. Un cheval à la perspective bouchée par les pieds des hommes qui l’entourent. Et même cet oiseau qui de loin rappelle une colombe en vol, n’est qu’un pigeon en train de se poser dans une cour minuscule où la seule porte de sortie aux moulures en mousse expansive est désespérément hermétique.


3x12 fotografii n’est pas une expo qui repose. Chaque photo nous ramène à notre propre claustration dans les murs de nos pensées, nous obligeant finalement à la dépasser pour retrouver cet espoir qui fait vivre !

mercredi 27 février 2013

Moara de Hârtie


Moara de Hârtie signifie le Moulin à Papier.  Dana et Ion ont ouvert cette fabrique de papier artisanal en 2011 à Comana, au sud de Bucarest. Si la maison neuve a encore les murs bruts, elle abrite une collection de machines à imprimer digne de l’Encyclopédie Diderot et d’Alembert. D’ailleurs Dana nous montre les pages aux illustrations du XVIIIe siècle relatives à l’imprimerie encadrées sur les murs. Au Moara de Hârtie, le travail est absolument identique.

La première étape est la fabrication du papier. Totalement manuelle, chaque feuille est à elle seule une œuvre d’art. A base de fibres de coton ou de papier recyclé, la pâte à papier est ensuite enrichie de feuilles ou de fleurs séchées avant d’être formée dans le tamis rectangulaire. Eglantine réalise  sa feuille avec de la pâte de papier recyclé et du thé. Dana l’aide à attendre que le maximum d’eau s’écoule avant de poser la feuille humide entre deux morceaux de feutre. La feuille d’Eglantine sera ensuite pressée avec les autres avant d’être délicatement étendue comme autant de messages muets sur un des nombreux séchoirs. Comme la feuille d’Eglantine n’est pas sèche au moment de partir, Dana lui en offre une autre, réalisée avec les mêmes matériaux.



La plus grosse partie du moulin abrite l’imprimerie et l’atelier de reliure.  A chaque petite étape correspond une grosse machine qui fonctionne à la force des bras. Les petits casiers le long des murs abritent des milliers de caractères d’imprimerie, qui, comme à l’époque de Gutenberg, seront alignés un à un dans les composteurs. Féérie de l’infini des possibilités créatives, tous ces mots qui attendent rangés dans des tiroirs que des mains habiles leur donnent vie.




Dans l’atelier de reliure, Dana nous montre la qualité de leur travail avec leur Livre d’Or. Eglantine s’attache à la rédaction d’un petit mot souvenir. Hortense a pris place en face d’elle et la regarde avec envie. Cette petite sortie leur fait plaisir.



Nous reviendrons quand il fera plus chaud (le moulin n’est pas chauffé). Dana propose qu’Eglantine revienne jouer avec sa fille de six ans. Elle organise aussi des stages pour enfants ou pour adultes, à la demande, soit pour la fabrication du papier, soit pour l’imprimerie. Le Moara de Hârtie se trouve en plus dans le Parc Naturel de Comana, sur un petit delta, où nichent de nombreux oiseaux et poussent des plantes endémiques. A l’entrée de Comana, un vieux monastère semble aussi valoir le détour. Il a été construit par Vlad Tepes (Dracula, le personnage historique, pas le héros de fiction) au XVe siècle.

Rendez-vous est pris pour les beaux jours !


Plus de photos sur mon Picasa.

lundi 21 janvier 2013

Hommage à Eminescu

Jusqu'au 31 janvier on peut voir dans la mezzanine de la Bibliothèque Nationale de Roumanie une belle exposition d'arts plastique et décoratif autour des œuvres d'Eminescu. Les artistes ont joué aussi bien sur la forme du livre que sur les thèmes des poèmes de ce grand poète national roumain.


mercredi 9 janvier 2013

Eglantine au Parlement

Samedi dernier, Hortense avait de la fièvre. Je suis restée avec elle à la maison pendant qu'Eglantine accompagnait son papa et Grand-Mère au Parlement, ancienne maison du peuple construite sur les ordres de Ceausescu. Eglantine avait envie de découvrir le deuxième plus grand bâtiment au monde.

Je lui ai confié le petit appareil photo. Ne la prenant pas très au sérieux, l'équipe du Parlement ne lui a pas fait payer la taxe dont tout visiteur doit normalement s'acquitter s'il souhaite faire des photographie pendant la visite. Elle est pourtant revenue avec plusieurs dizaines de photos. Une façon pour elle d'être aussi plus attentive à ce qui l'entoure.

"Maman tu sais, on n'a vu que 9 pièces sur 1000 !" m'a-t-elle dit, encore impressionnée, à son retour. Avec un tapis pesant 4 tonnes et des rideaux de 200 kg, le Parlement impressionne par sa démesure plus que par sa finesse.

Il est ainsi un monument incontournable de Bucarest.


lundi 10 décembre 2012

Sur la colline de la Patriarchie



L’Eglise orthodoxe roumaine a son propre patriarcat. Situé sur une petite colline qui surplombe la Piata Unirii, le Palais de la Patriarchie est un petit trésor. Sa modeste cathédrale âgée de 300 ans avait un charme chaleureux ce matin alors que la neige avait recouvert la ville.

Le Père Remus m’a fait visiter les lieux pour le numéro de janvier du journal de l’afb. Les salles aux noms latins pour affirmer la latinité de cette Eglise coincée entre les Slaves et les Grecs. La fonction politique du Palais qui a été pendant longtemps le siège du Parlement roumain. Le projet de la nouvelle cathédrale. Sa Béatitude le Patriarche Daniel. Le sapin de Noël. Énormément d’informations que je dois travailler maintenant pour écrire un article.