mercredi 17 avril 2013

Dernière neige autrichienne



Vol pour Vienne en Autriche, c’est la Pâque catholique. Les filles vont chercher des œufs aussi déterminées qu’elles tiennent leurs petits paniers d’osier avec fermeté. Leurs intentions sont claires. Elles vont voir leur cousine Estée qui n’est plus un bébé mais qu’elles n’ont pas vu grandir. Hortense répète avec des sourires dans les yeux, « Estée, c’est ma cousine ! ». Eglantine a déjà proclamé qu’elle aidera Estée et Hortense à trouver les œufs. Elle est une grande sœur consciencieuse.

Direction le nord de Vienne pour le château d’Elise et Erwin. Sisi n’a jamais vécu là et il s’agit plutôt d’un gros manoir mais l'endroit est superbe. Le sol est recouvert de neige. La chaleur des vieux murs nous enrobe immédiatement. Les sculptures d’Erwin nous accueillent avec humour. Un petit escalier nous ouvre les portes des immenses pièces à vivre. Tout est soigné et artistique, simple et raffiné. Un autre monde. Où Elise sait nous mettre à l’aise. Les filles sont enchantées de se trouver. A peine arrivés, nous les laissons pour aller dîner chez Michael Haneke. Oui celui-là même qui vient de rafler les prix du monde entier avec son film « Amour ». Nous sommes dans un autre monde et tout paraît si simple. La création et la réflexion comme mode de vie, sans chichis, je suis subjuguée. Et rassurée. Cette plongée annoncée en terra incognita de l’élite culturelle autrichienne me faisait vraiment peur.


Le neige ne nous quitte pas qui tombe en gros flocons. Ce week-end à Bucarest ils ont annoncé plus de 20° et un grand soleil. Mais à Bucarest il n’y a pas Elise, Erwin et Estée. Le soleil est à l’intérieur de la maison avec les filles qui courent, qui rient, qui crient, qui pleurent, prennent le bain toutes les trois, sourires aux lèvres, décorent les œufs qui orneront la table le lendemain, vont chercher ceux tous frais qu’ont pondus les poules le matin, donner le biberon à cette jeune agnelle dont la maman est morte à sa naissance et qu’il faut nourrir toutes les trois heures.




Le jour de Pâques, la table est généreuse. Après le déjeuner les enfants partent à la chasse aux œufs au rez-de chaussée du château. Un bonhomme qui a avalé la terre a des carottes en chocolat accrochées à sa ceinture, alors que les lapins se cachent dans la salle de jeux. Les œufs sont partout. Les enfants vident leurs petits paniers dans un grand couffin d’osier rond qui déborde presque. Orgie de chocolat.



Du bon vin, des cigares, le soleil qui pointe. Olivier s’endort alors qu’Elise nous emmène à Rosenburg voir les rapaces. Eglantine prend un bébé aigle d’une journée dans ses mains. Le hibou blanc de Sibérie nous regarde sévèrement de ses yeux ambrés. Faucons, aigles et autres rapaces nous jaugent du haut de leurs branches. Ne pas trop s’approcher des grilles. Eglantine et Hortense repartent toutes les deux avec une grande plume d’aigle.




Dernier jour. Nous passons quelques heures à Vienne. Dans l’immense orangerie du Burggarten, Elise dessine avec ses nièces sur les nappes blanches du restaurant. Juste à côté, nous étouffons avec nos gros manteaux dans la serre à papillons. Mais quelle excitation pour Eglantine qui réussit à avoir un énorme papillon posé sur son doigt ! Entre la Vienne impériale, l’art nouveau, les toits de la cathédrale, les petits passages et les grandes rues, nous ne choisissons pas. Nous profitons des fiacres pour faire un grand tour, bien au chaud sous d’épaisses couvertures. Le cocher porte le traditionnel chapeau melon. Les chevaux ont de petits bonnets pour protéger leurs oreilles du froid qui leur donnent des airs de diablotins à cornes. Hortense s’endort au rythme des sabots sur les pavés.




Eglantine prévoit déjà de revenir cet été. Elle veut faire la grande roue avec ses wagons de tramway. Hortense veut revoir sa cousine. Nous avons tous passé un excellent week-end, laissant la neige derrière nous pour nous plonger dans le printemps roumain.

A bientôt Elise, Erwin et Estée. Un grand merci !

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